ERASERHEAD - FILM DE DAVID LYNCH - 1976 - DES PREMIERS COURTS-METRAGES DE DAVID LYNCH A L'EPOPEE D'UN FILM CULTE, LA GENESE ET L'ANALYSE D'ERASERHEAD, CHEF D'OEUVRE DU CINEMA EXTREME ET EXPERIMENTAL

Publié le par ARTONIGHT



ERASERHEAD


INFORMATIONS
  • Réalisation: David Lynch
  • Scénario: David Lynch
  • Production: American Film Institute + Libra Films
  • Année de production: 1976
  • Nationalité: USA
  • Genres: Expérimental / Fantastique / Science-Fiction / Horreur / Drame
  • Durée exacte de la première version (USA): 1h48
  • Durée exacte de la deuxième version (International): 1h26
  • Date de sortie officielle: 28 septembre 1977 (New York aux USA et Avoriaz en France)
  • Site officiel en anglais de David Lynch

Jack Nance aka John Nance, interprète culte de Henry Spencer dans Eraserhead


CASTING / DISTRIBUTION DES RÔLES PRINCIPAUX
  • Jack Nance en tant que John Nance (Henry Spencer)
  • Charlotte Stewart (Mary X)
  • Allen Joseph (Monsieur X le Père de Mary)
  • Jeanne Bates (Madame X la Mère de Mary)
  • Judith Anna Roberts (la Belle Femme dans le Couloir)
  • Laurel Near (la Femme dans le Radiateur)
  • V. Phipps-Wilson (la Femme du Terrain)
  • Jack Fisk (l'Homme dans la Planète)
  • Jean Lange (la Grand-Mère X)
  • Thomas Coulson (le Garçon)
  • John Monez (Bum)
  • Darwin Joston (Paul)
  • Neil Moran (le Patron)
  • Hal Landon Junior (le Technicien de la Machine à Crayons)
  • Jennifer Chambers Lynch (la Petite Fille)
  • Brad Keeler (le Petit Garçon)
  • Peggy Lynch (Femme n°1 creusant dans la Ruelle)
  • Doddie Keeler (Femme n°2 creusant dans la Ruelle)
  • Gill Denis (l'Homme au Cigare)
  • Toby Keeler (l'Homme Combattant)
  • Raymond Walsh (Monsieur Roundheels)
Nota Bene: certains personnages ne sont visibles que dans la version longue.




TYPES DE PUBLIC
  • Accord parental: Singapour
  • +7 ans: Danemark
  • +13 ans: Espagne + Québec
  • +14 ans: Finlande + Chili
  • +15 ans: UK + Norvège + Suède + Corée du Sud
  • +16 ans: France + Portugal + Pays-Bas + Islande + Argentine
  • +18 ans: Allemagne + Irlande + USA + Canada





















LE SYNOPSIS DE LA REDACTION


Est-ce un cauchemar ou une vision réelle d'un monde post-apocalyptique? Habitant dans une ville industrielle où des machines gigantesques envahissent l'espace quotidien en continu avec leurs fumées et leurs bruits, Henry Spencer loge dans un bâtiment qui, comme tous les autres, semble être à l'abandon. Les commodités y sont précaires et les installations électriques, instables, menacent en permanence de défaillir. Vivant ou survivant dans cette ambiance infiniment glauque et lugubre, au climat sombre et oppressant, Henry garde des bols d'eau dans ses tiroirs, et sa seule distraction est un radiateur dans lequel il s'imagine une scène de music-hall surréaliste.


Jack Nance aka John Nance, interprète culte de Henry Spencer dans Eraserhead


Un jour Henry reçoit une invitation à dîner de la part des parents de son ex-petite amie, Mary. Celle-ci, en proie à de fréquentes crises spasmophiliques, vient de mettre au monde l'enfant d'Henry, un petit être difforme et effrayant, né prématurément sous cette forme mutante. Un mariage est arrangé, mais ne supportant plus les pleurs et autres gémissements de sa progéniture, Mary quitte le domicile conjugal. Se retrouvant père célibataire avec cette créature à sa charge, Henry entre dans une longue phase dépressive peuplée d'images fantasmatiques et morbides, se mêlant de façon chaotique à son triste sort quotidien...




Empli de culpabilité, Henry oscille entre lumière et ténèbres, et l'ensemble du film peut être vu à la fois comme le rêve et le cauchemar de la vie de ce personnage chaplinesque. Pris au piège de la paternité entre un enfant-alien hideux reflétant ses propres névroses et une femme frigide incarnant toute l'incommunicabilité de ses rapports avortés au monde, Henry nous plonge dans un ensemble de représentations mentales exacerbées sur son évolution vitale bloquée et sa progression sociale défaillante. Du mystère à la terreur, en passant par tout l'absurde du défi existentiel de la condition humaine, Henry s'engouffre dans une folie dévastatrice qui va le conduire à commettre l'irréparable...




RAPPORT EXCLUSIF SUR LA GENESE D'ERASERHEAD:
DES PREMIERS COURTS-METRAGES DE DAVID LYNCH A L'EPOPEE D'UN FILM CULTE


Si tous les chefs d'oeuvre ont une histoire, celle d'Eraserhead est exemplaire. Elle commence en 1965 lorsqu'un jeune homme de 19 and nommé David Lynch quitte son Montana natal pour la ville de Philadelphie afin dy étudier les Beaux-Arts. Il s'installe dans un quartier industriel aux murs noircis par les fumées des cheminées d'usines.

Si l'on a attribué à Eraserhead des influences qui vont de Lus Buñuel à Jérôme Bosch, son auteur n'y voit pour sa part que le fruit de ses premières années d'études à Philadelphie, une ville qu'il qualifie d'étrange, bizarre, folle, à mi-chemin entre le rêve et la réalité.

L'appartement d'Henry Spencer, personnage principal du film, sera dircetement inspiré de l'atelier d'artiste dans lequel vivait la famille Lynch au milieu d'une zone industrielle aussi délabrée que dangereuse. C'est dans ce contexte inquiétant que Lynch tourne ses premiers courts-métrages, dont chacun constitue une étape vers Eraserhead.


Jack Nance aka John Nance, interprète culte de Henry Spencer dans Eraserhead


Six Men Getting Sick, aussi appelé Six Figures, une boucle d'animation d'une minute réalisée en 1966, traite de visages vomissants et finissant par prendre feu. Ce premier court-métrage de David Lynch est projeté sur une sculpture de tête et est accompagné du son d'une sirène. Plus tard viendront la tête tranchée d'Henry Spencer et le vacarme lancinant d'Eraserhead.

The Grandmother, en 1969, tourné grâce à une bourse de 7200 dollars de l'American Film Institute, raconte comment un jeune garçon, rejeté par sa famille, plante une graine dans son grenier. Une graine qui donnera naissance à une grand-mère idéale: une Dame dans le Radiateur avant la lettre. Le film est sonore mais dénué de dialogues. Eraserhead ne comptera que 300 répliques, dont la plupart ne comportent qu'un ou deux mots.




En 1970, David Lynch, qui a quitté Philadelphie pour Los Angeles avec sa femme Peggy et leur fille Jennifer, future réalisatrice de Boxing Helena, soumet à l'American Film Institute un scénario intitulé Garden Back. Le scénario est refusé, mais l'image qui a inspiré Lynch, une vision d'horreur dans laquelle il s'imaginait une usine où l'on recycle des cerveaux humains en gommes à crayons, deviendra le point de départ d'Eraserhead.

Deux ans après le rejet de Garden Back, l'American Film Institute accepte de financer un scénario revu et corrigé qui porte le titre d'Eraserhead, mais sa durée ne devra pas dépasser 42 minutes. Lynch accepte et prévoit un tournage de 6 semaines qui débute le 29 mai 1972: 6 semaines qui deviendront 5 années...




L'équipe n'excédera jamais une dizaine de personnes, avec les 5 comédiens compris.

- 2 chefs-opérateurs se succéderont, Herbert Cardwell puis Frederick Elmes.

- Doreen G. Small cumulera les emplois de directrice de production et d'accessoiriste.

- Alan R. Splet sera à la fois ingénieur du son et monteur.

- Catherine Coulson, la femme de Jack Nance à la ville, sera assistante polyvalente, ses domaines de compétence allant de la coiffure à la cuisine outre son rôle de script. Elle fera même le tour des maternités environnantes pour récupérer de véritables cordons ombilicaux pour une des scènes les plus terrifiantes du film.

- Quant à David Lynch, outre la mise en scène, il pallie à tout, des décors aux effets spéciaux.




Devant tant d'abnégation, l'American Film Institute, malgré ses doutes face au scénario, se montre bienveillant. Il founit gratuitement à Lynch un bâtiment de 3 piècesqu'il transforme en studio. Plateau de tournage, bureau, studio d'enregistrement, où il tournera toutes les scènes intérieures d'Eraserhead. Plus encore, Lynch est libre de gérer son budget comme il l'entend, un luxe qu'il ne connaîtra plus jamais par la suite, et se voit gracieusement approvisionné en pellicule et en matériel.


Jack Nance aka John Nance, interprète culte de Henry Spencer dans Eraserhead


A son script original qui ne compte qu'une vingtaine de pages, Lynch ajoute sans cesse de nouvelles idées, et la durée du tournage ne cesse de s'allonger. Au printemps 1973, les responsables de l'American Film Institute commencent à se montrer inquiets, puis paniqués lorsque Lynch consent à leur montrer une scène du film, celle du diner chez les beaux-parents. Après s'être fait traité de fou par l'un des producteurs, Lynch décide de ne plus rien présenter aux producteurs avant que le montage définitif ne soit terminé. C'est alors que l'American Film Institute décide d'arrêter les frais.

Privé de ses subsides, David Lynch devra interrompre le tournage en permanence, pour trouver de nouvelles sources de financement. Il ira jusqu'à vendre le Wall Street Journal la nuit pour pouvoir tourner dans la journée. Au prix de nombreux sacrifices, avec l'aide de quelques parents et amis, et un sérieux coup de pouce de George Stevens Junior qui intervient en sa faveur auprès des labos, le tournage reprend véritablement en mai 1974 et se termine au début de l'année 1975.




Mais la course n'est pas finie. Lynch veut terminer le film à temps pour le Festival de Cannes de 1976. Avec l'ingénieur du son et monteur Alan R. Splet, il travaille d'arrache-pied. Ils vont même jusqu'à fouiller les poubelles de la Warner Bros pour récupérer des effets sonores qu'ils intégreront au film.

Lorsque David Lynch arrive à New York avec son film terminé, les émissaires du Festival de New York viennent de repartir. Econduit par les responsables de ce festival, Lynch devra attendre une année entière avant que son film ne soit présenté, le 19 mars 1977, au Filmex, le Festival de Los Angeles. La version projetée dure 1h50. Quelques uns crient au génie, mais la plupart des critiques sont hostiles.




Lynch accepte de couper 20 minutes de son film, puis il réussit à convaincre un distributeur indépendant, spécialiste du cinéma underground, qui présente le film dans 2 salles new-yorkaises, d'abord au Village, puis au Everly. Le film y restera à l'affiche durant 4 ans, servant de tremplin à des séances de minuit à travers tout le pays. Un badge commence à apparaître au revers des habits des initiés. Son texte: "I saw it" (je l'ai vu).




Ce n'est qu'en 1978 que le film arrive en France, sous le titre Tête à Effacer, tout d'abord au Festival d'Avoriaz où il gagne l'Antenne d'Or. Eraserhead est ensuite projeté en 1980 dans 2 salles parisiennes, La Clef et L'Entrepôt. En 1981, le second long-métrage de David Lynch, The Elephant Man, arrive sur les écrans français. Eraserhead - Tête à Effacer devient alors Eraserhead - Labyrinth Man.

Mais qu'importe l'opportunisme des distributeurs, le film est devenu culte. Stanley Kubrick déclare après l'avoir vu que c'est là le seul film qu'il aurait voulu réaliser. Entre le rejet du scénario de Garden Back et la consécration de la part de Kubrick en 1980, il aura fallu 10 ans d'efforts à David Lynch pour gagner son pari.




Mais l'histoire d'Eraserhead ne s'arrête pas là. En 1994, David Lynch présente au public une nouvelle version de son chef d'oeuvre, avec un nouveau montage et avec une bande-son entièrement retravaillée et remixée en dolby. S'agit-il là d'un point final ou simplement d'une nouvelle étape dans l'aventure de ce film mythique? Seuls l'avenir et le perfectionnisme de David Lynch en décideront.




L'ANALYSE CRITIQUE DE LA REDACTION

Premier long-métrage de David Lynch, Eraserhead est un chef d'oeuvre devenu film culte, dans lequel on trouve tous les thèmes que le maître développera par la suite, ainsi que tous les univers visuels et sonores qui le mèneront plus tard à la consécration internationale. Extrêmement abouti pour un premier long-métrage au budget dérisoire, d'une justesse et d'un raffinement exemplaires qui frôlent la perfection, Eraserhead est un film choc qui marque à vie quiconque le regarde.




Intemporel, à la fois expressionniste et surréaliste, symbolique et onirique, métaphorique et métaphysique, fantastique et fantasmatique, cette perle underground et expérimentale traversera probablement les générations sans jamais perdre de son charme, de son impact et de son intensité, tant Eraserhead s'avère être l'un des films les plus déroutants et inquiétants qui puissent être.

Peinture abyssale en mouvement perpétuel dans les profondeurs de l'esprit, cauchemar en éveil qui touche au coeur l'inconscient tant personnel que collectif, ovni cinématographique unique et inclassable, Eraserhead mérite amplement d'être vu et revu plusieurs fois par tout un chacun, de préférence sur grand écran et dans un environnement propice à la concentration.




Parce qu'Eraserhead est une Véritable Vision à ne manquer sous aucun prétexte, une Véritable Expérience à vivre en convoquant tous ses Sens, un Véritable Voyage Extra-Sensoriel dans lequel on peut puiser sans fin et interpréter ce que bon nous semble comme bon nous semble, il mérite tous les égards et toute notre considération, bien au-delà des controverses stériles et des appréciations sommaires.

Bien plus qu'une curiosité atypique, Eraserhead est devenu mythique à juste titre, et il s'agit peut-être du film le plus Fascinant qu'il ait été possible d'imaginer et de créer dans toute l'histoire du 7ème art.


Jack Nance aux côtés de David Lynch


LA NOTE SUR 10


10



L'équipe technique d'Eraserhead


TAGS

ABSURDE / ALIEN / APOCALYPTIQUE ET POST-APOCALYPTIQUE / AVANT-GARDE / CREATURE ANTHROPOMORPHE / CRISE FAMILIALE / DISSECTION / ETRANGE ET BIZARRE / EXTRA-SENSORIEL / FILM CULTE / EXPERIMENTAL / EXPRESSIONNISTE / FANTASME / FANTASTIQUE / GORE / HORREUR / MACHINES ET UNIVERS INDUSTRIEL / MONSTRE / MUTANT ET MUTATION / ONIRISME / RÊVE ET CAUCHEMAR / SURREALISME / SYMBOLISME / TRASH / TWIST FINAL / ULTRA-VIOLENT / UNDERGROUND


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