Vendredi 14 mars 2008

Pour sa 25ème édition, le festival de jazz contemporain Banlieues bleues a augmenté sa durée, cette année supérieure à un mois (14 mars / 18 avril 2008). 17 villes de Seine-Saint-Denis accueillent Banlieues bleues, contre 15 en 2007. Enfin plus de la moitié des concerts sont des créations inédites.

Cette édition, placée plus que jamais sous le signe du décloisonnement des genres et de l'éclatement du jazz, commence tambour battant, avec un premier week-end dont le maître d'oeuvre sera le guitariste de jazz avant-gardiste Noël Akchoté. Celui-ci proposera durant deux fois cinq heures, samedi 15 et dimanche 16 à Pantin, une création autour du cabaret, avec notamment un bassiste post-rock et un poète de la "beat generation".

Plusieurs autres créations méritent le détour, dont celles des frères Lionel et Stéphane Belmondo, qui se pencheront sur la musique du groupe de rock psychédélique californien The Grateful Dead.

Quelques figures du jazz sont à l'affiche: le guitariste John Scofield, en trio agrémenté de trois cuivres pour un jazz funk décalé, ou encore le pianiste sud-africain Abdullah Ibrahim en trio.

 Le chanteur malien Salif Keita, dans une version épurée, une soirée réunissant le chanteur portègne Melingo et son tango maudit, et la poésie électro de l'Uruguayen Jorge Drexler, représenteront les musiques du monde.

Le trio Medeski, Martin & Wood et le saxophoniste alto Maceo Parker, ancien cuivre de James Brown, diffuseront la ferveur du funk, la chanteuse Mavis Staples (ex-Staples Singers) délivrera le message d'une soul music aux accents gospel.

La soirée de clôture, le 18 avril 2008 à la MC 93 à Bobigny, réunira deux formations qui décoiffent: le Spatial Aka Orchestra créé par l'ex-clavier des Specials, Jerry Dammers, pour une relecture festive et dansante des oeuvres de Sun Râ, et le Hypnotic Brass Ensemble, une fanfare futuriste de Chicago et son "afro-free-jazz-funk".


Présentation du festival Banlieues bleues par son directeur, Xavier Lemettre:

"Au commencement, il y a un souffle, puissant, une lente percée poétique vers le centre de la terre : le rêve en banlieue de la musique des sphères… Comme sur l’affiche de cette 25ème édition, un geste de défi pour décrocher la lune du bleu céleste. L’image d’un individu réduit à lui-même? Pas vraiment : en 1983, la création de Banlieues bleues relevait déjà de l’affaire collective, de courages poids-lourds, de liberté voulue et réfléchie, une drôle d’ambition. Ensuite sont venues les inventions, forcément les émotions, et la persévérance… Un souffle puissant, commun donc, et continu.

Cette musique commence souffle, devient rythme, traverse espace, corps et âmes, impose son mystère. Décoiffante souvent, déconcertante parfois, elle qui parle et se crée en présence de toutes les autres, ni muette ni prévisible et si loin du hit-parade! Selon le mot de Sartre, comme les bananes, elle se consomme sur place, entière, vivante. Et pour l’actualité, c’est plus frais qu’un journal, écoutez: dans l’oreille des musiciens de jazz résonnent tous les bruits du temps. «Oui, mais pour qui jouent-ils?» Franchement, la question a-t-elle un sens?
Pour fêter sa 25ème heure, Banlieues Bleues sort le grand jeu. Pour vous, et vous aussi, cachés derrière vos canapés-télés, dans vos chambres, bars, salles à manger…. Banlieues Bleues va vous faire sortir avec une série d’événements spéciaux et intrigants, vous réveiller en mélangeant ce qui ne doit pas l’être, vous faire tourner la tête pour découvrir d’autres angles, rencontrer le tout-monde des quatre coins et Quatre chemins, et sans grosse fortune encore. Libérez-vous, par tous les moyens nécessaires!

Et sonnez trompettes! Pour souffler les bougies, elles sont innombrables parmi les plus belles, sorties de la nuit profonde, éloquentes, intenables, rutilantes… Omniprésents, deux spectres les regardent, dont les frasques hantent à jamais l’histoire du jazz - et celle du festival: Miles Davis et Don Cherry. Mais qui se rêve en champion de boxe? Noble art, sport symbole depuis un siècle des enfants du ghetto, et son ring comme notre théâtre tragique... Dans les années 1900, l’Amérique déclencha une campagne d’un racisme inouï contre l’ascension des boxeurs nègres. D’où la célèbre bande-son de Miles pour un film sur le champion Jack Johnson, ici recréée deux fois. Nombre de jazzmen sont fans de boxe et le prouvent dans ce programme, pas du genre à rester dans les cordes…

Justement, tant de cordes électriques, comme un fil rouge ; une trainée de guitares les plus hétéroclites exerce un solide champ magnétique, sans compter Jimi Hendrix, lui-même invoqué en version acoustique par trois contrebasses hors-pair. Puis faîtes entrer les poètes: les derniers d’abord, qui furent les premiers rappeurs, et leurs successeurs… Les auteurs en majuscules, Fanon, Glissant, ceux qui jouent avec les mots, les kids de Saint-Ouen et les ados de New York. Mobilité du verbe qui frappe comme l’éclair, clameurs des chants les plus lumineux, comme LA voix libre de la Soul, dont la venue est un vrai grand honneur.

La Seine-Saint-Denis accueille les champions et les outsiders des continents de la planète, d’Amérique du nord et latine, d’Afrique, de Tokyo, et toute l’Europe bien sûr… En bonus spécial, le nec «plus» extra, ces risques fantastiques qu’à Banlieues bleues des musiciens mettent en jeu: «Toi-même», week-end-cabaret qui ouvre des euphories de marges inouïes, ou «Subway Moon», voyage poétique et musical trans-générationnel dans les souterrains du métro, «action musicale» sans précédent entre New York et le 9.3.

Les «Actions musicales», Banlieues bleues les a mises en orbite il y aura bientôt vingt ans: des mois avant et pendant le festival, une nuée de rencontres, ateliers, master-classes, résidences, laissent dans les yeux et le ciel des banlieues des fiertés de concerts, de réelles aventures et autres traces magnifiques, qui confirment et renforcent notre humanité. Les artistes invités en sont les premiers éblouis.

C’est une nouvelle odyssée de musique que vous a préparée Banlieues bleues: 46 groupes embarqués, deux tiers de créations ou d’inédits, trois centaines et demie de musiciens de métier, et tellement d’autres, pour une trentaine de concerts dans 17 villes de Seine-Saint-Denis… Vous aurez 5 semaines pour la rejoindre. After Hours, au moment de la clôture, la lune a rendez-vous avec le soleil: avec Sun Ra en mémoire, un jeune orchestre hypnotique de couleur cuivrée, puis un show spatial afro-cosmique résolument tourné vers le futur. Comme le dit un slogan célèbre du jazz: Tomorrow is the question!"


-----
Tout le programme est à découvrir ici sur le site du festival Banlieues bleues
.
-----

Jeudi 13 mars 2008

La Galerie Acte 2 / Acte2galerie, spécialisée en photographie contemporaine, expose les photos de Rankin jusqu'au 12 avril 2008. Rankin propose de nombreuses photographies de femmes, ayant pour thème les stars, la beauté, le charme ou l'érotisme.

Photographe, publicitaire et récemment réalisateur, Rankin a construit sa réputation à travers ses clichés d’icônes. Qu’il s’agisse de la photo de Kylie nue et prostrée, qui a ornée des milliers de chambres à coucher ou qu’il soit question du sourire énigmatique de la Reine d’Angleterre sur fond de bleu, blanc et rouge, Rankin prouve son talent de portraitiste et son regard malicieux lui confère sans conteste sa place parmi les plus grands photographes de notre temps.


undefinedCopyright: Rankin. Courtesy: Acte2galerie.


Rankin construit sa réputation lorsqu’en 1991 il crée avec son collaborateur et partenaire Jefferson Hack le fameux magasine Dazed and Confused. Complètement nouveau dans son approche, le magasine allie vision éditoriale novatrice et regard photographique particulier pour présenter les faces et tendances de notre temps d’une façon moins médiatisée.

Rankin s’inscrit directement au cœur de l’explosion créative londonienne, qu’il s’agisse de l’émergence de phénomènes pop avec des groupes comme Blur, Pulp ou d’un boum mode avec l’émergence de créateurs comme Katie Grand ou Alexander Mcqueen, qui continuent à dominer l’industrie britannique.

C’est aussi l’engagement du photographe à publier des magazines et à soutenir de jeunes photographes qui contribue à construire sa réputation et à faire de lui un leader de la culture anglaise. Comme pour les magasines Rankin a produit une quantité d’expositions de campagnes publicitaires et de livres. Il a fait les couvertures du Vogue allemand, du Harper Bazaar ou encore de Arena.

Près à relever tous les challenges, Rankin n’a jamais rejeté les sujets difficiles tel que dénoncer les violences physiques domestiques. Cela représentant à la fois un travail personnel, commercial, mais aussi un travail de charité.

Il fait de nouveau les gros titres avec sa campagne de gel douche Dove ou il fait poser des femmes nues aux physiques différents, qui diffèrent surtout des stéréotypes habituellement très minces des campagnes de publicité.


undefinedCopyright: Rankin. Courtesy: Acte2galerie.


Non content de manier l’image avec brio, Rankin s’est récemment tourné vers la réalisation. Le court-métrage qu’il a dirigé pour le film «Four perfect» est l’un des courts-métrages ayant été montré à Los Angeles, Raindance et Edinbourg film festival. Son premier film «The lives of the saints», un conte sombre, comique et moral écrit par Tony Grisoni et présenté à la plupart des grands acteurs britanniques, est en court de réalisation.

Rankin a publié une quantité de livres. Par mis ses derniers, le livre «Tuulitastic», une lettre d’amour photographique, est une combinaison exclusive entre mode, publicité et images éditées de Tuuli, modèle et muse favorite du photographe.

Le dernier livre de Rankin, «Beautyfull», réunit les femmes les plus photographiées dans le monde dans un étalage de corps en puissance et beauté. «Tuualistic» et «Beautyfull» ont été individuellement accompagnés d’une exposition intime dans une galerie du centre de Londres. Rankin vit à Londres et a un fils de 10 ans Lyle...


-----
GALERIE ACTE 2 PHOTO (FINE ART PHOTOGRAPHY), 41 rue d'Artois, 75008 Paris (site)
Chop off their heads. Photographies de Rankin.
Vernissage le 13 mars 2008 de 18h à 21h.
Exposition du 27 février au 12 avril 2008.
Du lundi au vendredi de 10h à 13h et de 15h à 19h.
Les samedis de 13h à 18h30.
Entrée libre.
-----
After-party pour le vernissage le 13 mars 2008 à partir minuit.
Soirée Sens interdits.
LE SENS, 23 rue de Ponthieu, 75008 Paris (site 1) (site 2)
en partenariat avec Playboy Magazine.
DJs: Dumb and Dumber (Yan Céh et Frédéric Beigbeder)
-----

Jeudi 13 mars 2008


La Galerie Anton Weller consacre une passionnante exposition au duo d'artistes Art Orienté Objet (Marion Laval-Jeantet et Benoît Mangin): La peau de l’autre.


undefinedCopyright: Art Orienté Objet, Le tout Autre, 2008.
Agneau taxidermisé, acier inoxydable doré. 200 x 300 x 250 cm.
Courtesy: Galerie Anton Weller.



Le duo Art Orienté Objet s’est engagé résolument, depuis une quinzaine d’années, à réfléchir ou faire réfléchir par leurs œuvres sur un sujet crucial: la valeur des relations de l’homme et de son environnement, le rôle qu’il y tient, la place qu’il a voulu y prendre. Si la figure de l’animal est omniprésente dans leur travail, ce n’est pas tant pour illustrer sa condition souvent mise à mal, mais parce qu’il représente à leurs yeux la figure exemplaire de l’altérité, de l’Autre absolument. Ces préoccupations sont exprimées dans le titre donné à leur exposition à la Galerie Anton Weller: La peau de l’autre.

Parce que l’environnement représente pour eux un vaste champ d’expérimentation, et qu’ils possèdent les outils des anthropologues, des éthologues ou plus généralement des chercheurs, le travail de Art Orienté Objet interroge notre existence et en révèle les contradictions. Ainsi ils n’ont pas peur d’expérimenter eux-mêmes dans une nécessaire prise de risque: ramasser des plumes d’oiseaux possiblement contaminés par la grippe aviaire, tenter de communiquer munis d’un casque à bois avec des cerfs sauvages, recevoir du sang animal… Bref, aller à la rencontre physique et émotionnelle de ce tout-autre.


undefinedCopyright: Art Orienté Objet, Félinanthropy, 2007.
Impression numérique sur aluminium. 120 x 180 cm.
Courtesy: Galerie Anton Weller.



Art Orienté Objet absorbe le monde en posant la question de l’empathie: voir l’Autre tant chez l’homme que dans l’animal ou le végétal, se glisser dans sa peau, afin de cerner les frontières de moins en moins tangibles de ce qui nous définit en tant qu’humains. Mais la peau de l’autre recèle également des connotations nettement moins altruistes et beaucoup plus guerrières: la peau de l’autre, c’est aussi celle qu’on veut se faire. D’où naît une tension inquiétante entre des points de vue contradictoires : la rencontre et l’empathie, mais aussi le désir de dominer, de détruire.


Dans l’installation Le tout Autre, un agneau taxidermisé est transpercé par des tiges d’acier dorées, sur lesquelles il repose. Symbole universel de l’innocence, il est aussi animal du sacrifice, c’est-à-dire métaphore et substitut au sacrifice humain. Il représente autant le bouc émissaire dont parle René Girard (La violence et le sacré) que l’agneau mystique de Jan Van Eyck dont il reprend la position exacte. Ainsi il est exutoire social, mais encore cristallisation cathartique, qui permet aux sociétés humaines de pacifier sur sa «peau».


undefinedCopyright: Art Orienté Objet, Machine à méditer sur le sort des oiseaux migrateurs, 2008.
Acier, bois, aluminium, plus de canards et oies sauvages, dispositif mécanique. 130 x 300 x 180 cm.
Courtesy: Galerie Anton Weller.



L’installation qui lui fait face, la Machine à méditer sur le sort des oiseaux migrateurs, est un chaise interactive dont les ailes composées de plumes d’oiseaux migrateurs récupérées en période de grippe aviaire, se replient sur le visiteur au moment où, méditatif, il relâche son corps. D’emblée, la chaise évoque un baiser de l’ange, et donc la protection ; mais elle induit aussi un trouble lié à sa dimension animale autant qu’à la peur du virus actuel (le virus H5-N1 ayant une durée de vie très brève, qui rend l'utilisation de l'objet sans danger). Cette oeuvre fait partie du projet Paran’home, une série de pièces à habiter visant à guérir les inquiétudes du quotidien contemporain.


Leurs nouvelles installations proposées à la Galerie Anton Weller sont d’abord des appels à reconsidérer la place de l’Autre, à l’éprouver physiquement, avec un parti-pris écologique manifeste. Elles sont autant d’éléments qui nous renvoient à la dualité humaine, où le germe de violence et de destruction semble ineffaçable. Et de façon inquiétante, l’autre à soi-même devient l’autre soi-même.


-----
GALERIE ANTON WELLER / ISABELLE SURET, 9 rue Christine, 75006 Paris (site)
La peau de l’autre. Une exposition de Art Orienté Objet (Marion Laval-Jeantet et Benoît Mangin).
Vernissage le 13 mars 2008 de 18h à 21h.
Exposition du 14 mars au 17 mai 2008.
Du mardi au samedi de 14h à 19h.
Entrée libre.
-----

Publicité

Newsletter


RECEVEZ LES INFORMATIONS EXCLUSIVES RÉSERVÉES AUX ABONNÉ(E)S À LA LETTRE D'INFORMATIONS!

RECEIVE EXCLUSIVE INFORMATIONS ONLY RESERVED FOR SUBSCRIBERS TO THE NEWSLETTER!

VOTRE E-MAIL : 

VOUS POUVEZ AUSSI RECEVOIR UN RÉSUMÉ DES NOUVELLES PARUTIONS (UNE FOIS PAR JOUR AU MAXIMUM)!

ALSO YOU CAN RECEIVE A SUMMARY OF THE NEW ARTICLES (ONCE A DAY MAXIMUM)!

VOTRE E-MAIL : 

EN SAVOIR PLUS SUR LES NEWSLETTERS ET LES ALERTES DE PARUTIONS... KNOW MORE ABOUT NEWSLETTERS AND WARNINGS...

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Rechercher

Traductions


English
   Español   Deutsch   Italiano   Nederlands   Português   Ελληνικά   American
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus